5 octobre 2009

John Burdett - Bangkok Tattoo

Deuxième épisode des aventures de Sonchaï Jitpleecheep, le drôle de flic inventé par John Burdett. Cette fois, Burdett pousse encore plus loin l'impénétrabilité de son personnage : si Jitpleecheep naviguait, dans "Bangkok 8", entre (grossièrement), ses origines orientales symbolisées par sa vision bouddhiste de l'univers, et sa culture occidentale l'astreignant à une certaine rigueur cartésienne, il devient ici franchement improbable. En effet, on apprend (c'est d'ailleurs l'un des ressorts du roman) que Sonchaï assiste sa mère, prostituée à la retraite, et son supérieur hiérarchique, officier de police corrompu jusqu'à la moëlle, au cynisme machiavélique, pour la gestion d'un bordel destiné essentiellement aux occidentaux âgés.

L'intrigue ? Un imbroglio relativement imbitable, qui s'amorce lorsque la plus belle des protégées du bordel Jitpleecheep annonce avoir tué (sauvagement) un de ses clients, qui s'avère être un agent de la CIA. S'ensuit une sarabande où l'on croise pêle-mêle la CIA, le milieu musulman thaïlandais, de grands pontes de l'armée et de la police occupés à comploter les uns contre les autres, et même des truands chinois ou japonais. Excessif (et d'autant plus que la note de l'auteur placée en fin d'ouvrage semble laisser entendre que rien dans ce qu'il connaît de la Thaïlande ne justifie la construction d'un univers tel qu'il le décrit), "Bangkok Tattoo" s'attache surtout à décrire la vie étrange des prostituées thaïlandaises. Même si la description en est très romancée, l'ensemble fonctionne et l'attrait légèrement malsain exercé par ces milieux interlopes fait encore une fois son effet.

On peut regretter l'évolution trop caricaturale du personnage principal, qui n'aide pas à trouver son chemin dans ce labyrinthe d'intrigues enchevêtrées, mais qu'on n'y comprenne goutte passe au second plan. Cette succession de péripéties s'écoule à un rythme languide, dans un flou savamment entretenu qui donne l'impression au lecteur de suivre cette histoire à travers un voile opiacé, et qui met surtout en valeur l'argument principal du livre : la passion trouble qui unit Sonchaï et la prostituée Chanya...

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