Un match correct du PSG qui se termine pourtant en défaite ridicule avec un but contre son camp du goal remplaçant Edel et des regrets énormes pour l'équipe dont les tirs ont heurté trois fois les poteaux adverses. Le but ? Une erreur ridicule qui ne manquera pas d'ailleurs d'être reprise et raillée avec délectation par les journalistes dès le lendemain. Le Parc dégaine des banderoles de plus en plus assassines à l'encontre de Colony Capital, les chants invitant poliment l'actionnaire à investir ou à passer la main se multiplient... La frustration se fait palpable - il faut bien reconnaître que se déplacer en plein milieu de semaine en hiver pour voir son équipe se faire ridiculiser par les hommes de Guy Lacombe n'a rien de très satisfaisant. Je retiens aussi cette sentence assénée par un supporter près de moi en tribune après un tir sur la transversalle : "ils ne marqueront pas aujourd'hui" - une évidence dictée par le fatalisme du supporter dépité. Comme une habitude, déjà, une certitude. De Grenoble à Auxerre la saison dernière en passant par Nice ou maintenant Monaco, on a vraiment le sentiment qu'effectivement, c'est toujours comme ça... Et pourquoi ? C'est la question que je fais mienne en choisissant Why Is It Always This Way ? des Ramones pour accompagner ce billet. Rappelons qu'au départ le morceau tiré de "Rocket To Russia" n'a que peu avoir avec des frustrations sportives puisqu'il évoque les derniers souvenirs d'une fille suicidaire avant son dernier geste...
Un dernier mot pour mentionner la tension croissante qui semble régner dans la tribune et plus encore, entre les tribunes Boulogne et Auteuil. Je ne connais pas assez bien l'histoire du club et le monde des supporters pour pouvoir porter un jugement ; je ne sais pas non plus si tout cela est uniquement lié aux résultats sportifs ou si d'autres considérations entrent en ligne de compte. En tout cas j'ai le sentiment diffus que l'on est peut être partis pour des mois assez troubles pour le club et les supporters... Une raison de plus pour choisir une bonne vieille chanson punk pour illustrer ce match.
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31 janvier 2010
30 juillet 2009
Vinyle #4 - The Ramones - Road To Ruin
L'instinct est un bien étrange ami. Lorsque j'ai mis la main sur ce disque à la pochette fatiguée, marquée par les années et encore ornée du sigle "Best Buy Series", j'ai su que ce choix était juste. Que cette drôle de galette noire, cherchant à échapper à son destin bidimensionnel par des courbures presque comiques, était le vecteur idéal pour la musique des Ramones. Devinez quoi ? L'instinct ne m'avait pas trompé.Pendant longtemps, les Ramones n'ont été pour moi qu'une fiction, un nom récurrent dans les colonnes de Rock'n'Folk, un vocable systématiquement suivi d'onomatopées au ridicule consommé, symbolique d'une figure tutélaire à la fois vénérée et raillée. Un Cthulhu du punk. L'équivalent musical du Coyote à la poursuite de Bip-Bip. J'ai été déçu lorsque par le biais de CD ou de fichiers numériques de provenances diversement légales, j'ai enfin ajouté, avec un enthousiasme modéré mais poussé par la rigueur compulsive de l'exégète, les Ramones à ma culture musicale. Ce qui paraissait d'une rapidité frénétique à l'époque semble presque plan-plan trente ans après.
C'est le mirobolant "Please Kill Me" qui m'a permis de comprendre à quel point les Ramones valaient mieux que cette image tenace d'amuseurs publics, de crétins juste bons à amuser la galerie. Les Ramones étaient aussi, et surtout, une sublime bande d'écorchés vifs, préférant masquer leur inadaptation profonde au monde de la fin des années 70 sous le masque d'une inanité presque conceptuelle et s'ils ont choisi d'adopter collectivement le même patronyme fictif, c'est bien plus le signe d'une solidarité entre âmes endommagées que la volonté d'asseoir une imagerie de cartoon.
Stupides, les Ramones ? Certainement pas, ou assurément moins que l'on ne veut bien l'imaginer. Trente ans après, et alors que la moitié des membres originels du groupe ont déjà cassé leur pipe, leurs premiers disques tiennent encore bien la route. Paradoxe : les Ramones ont créé le rock binaire ultime, et pourtant leur musique refuse obstinément d'être résumée par une succession de 0 et de 1. Le vinyle craque, sature, saute parfois, bref vit, palpite : soudain ces chansons (enfin, cette chanson répétée 12 fois) s'animent, échappent au carcan numérique, et tout semble prendre sa place, à l'unisson de ces musiciens si approximatifs qu'ils parviennent à ériger la maladresse en religion. Qu'importe si la musique se répète à l'infini : au gré des rayures du disque, le parcours change à chaque écoute, cadavre exquis de suites d'accords si simplifiées qu'elles deviennent les briques interchangeables d'un Lego sonore.
Alors, enfin, les Ramones apparaissent-ils dans toute leur grandeur dérisoire, ou leur dérisoire grandeur, alors le talent atypique de parolier de Joey Ramone, concis et potache, prend-il son essor, bien moins comique qu'il n'y paraît tant il exsude le désarroi et la frustration...
"Hanging out of Second Avenue
Eating chicken vindaloo
I just want to be with you
I just want to have something to do tonight"
Je m'autorise à croire que lorsqu'il a écrit ces lignes, à l'instinct, forcément à l'instinct, Joey Ramone a tout de suite senti que ces paroles étaient justes.
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