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9 mai 2010

Un match, une chanson #11 - New Order : Regret (PSG - Bordeaux : 3-1)

Une soirée de gala dans un océan de ratages, de matches anonymes, d'attitudes insupportables. Ce soir là, contre Bordeaux, champion de France en titre, le PSG a joué, a montré de l'allant. Pour la première fois depuis de longs mois, et au-delà de l'issue de l'affrontement, le jeu a été beau, animé, dynamique.

Le résultat, pour favorable qu'il soit, est probablement autant le reflet de la méforme girondine que de la qualité de jeu parisienne - on dira évidemment merci à Ramé pour son carton rouge qui facilite évidemment les choses. Les réserves peuvent être nombreuses sur une telle victoire. Qu'importe : ce soir, on s'est offert le champion en titre et après tout, si les événements ont joué en notre faveur, cela rattrape les nombreuses fois où l'inverse a pu se produire.

Malgré l'absence notable de participation d'Auteuil, l'ambiance est belle. Au fil du match, une douce euphorie grise la tribune, au point que les capos s'enflamment et improvisent de nouvelles paroles sur le chant classique "supporter du Paris-Saint-Germain" : "On veut une bière, une bière bien fraîche"...

Avec le retour des beaux jours qui s'approche peu à peu, voir l'équipe jouer, s'impliquer et l'emporter est un vrai plaisir. On se prend alors à imaginer ce qu'aurait pu être cette saison si l'attitude de l'équipe avait été plus conquérante sur la durée, si les conflits entre les tribunes n'avaient pas dégénéré jusqu'au drame, si... si... Et le sentiment qui domine est alors celui, assez amer, d'une occasion manquée. Le goût du regret.

Regret, justement : l'album "Republic" marque clairement le déclin de New Order. Si l'album est franchement médiocre, le single tire plutôt bien son épingle du jeu...


31 mars 2010

Un match, une chanson #10 - Portishead : Numb (PSG - Sochaux : 4-1)

La soirée aurait dû être formidable : le PSG, sans être étincelant, joue assez bien et, face à une opposition inexistante, se paie un score de gala. Au bout d'un quart d'heure, le score est déjà de 2-0, à aucun moment Sochaux ne donnera l'impression de pouvoir répondre quoi que ce soit face à la domination parisienne. Pourtant le Parc des Princes reste atone. L'ambiance est morose, plombée par la perspective du décès du supporter de Boulogne molesté lors de PSG - OM - décès qui ne sera déclaré que quelques jours plus tard mais que tous pressentent déjà comme imminent. Les virages ont déclaré un arrêt des chants ; on peut parler sans avoir besoin de hausser la voix et les joueurs entendent certainement toutes les invectives qui descendent des tribunes à leur égard.

Cette sensation inédite résume bien ce dont j'étais assez persuadé dès que j'ai commencé à suivre le club : un match de football vaut essentiellement pour l'alchimie entre un spectacle prenant place sur le terrain et une réaction du public. Cette alchimie peut prendre des formes insoupçonnées, des matches sans grand intérêt (y compris quelques défaites) pouvant devenir de très bons souvenirs du fait d'une grosse ambiance. Ce soir c'est l'inverse : ce qui aurait pu être une fête se révèle être un spectacle insipide.

Difficile dans ces conditions de trouver une chanson pour illustrer un tel paradoxe. On se rabattra ainsi sur un grand classique : Numb, de Portishead (tire de leur immortel premier album "Dummy"). Parce que ce titre, avec ses percussions heurtées qui s'écrasent face à une basse fantomatique et des accompagnements cotonneux, traduit mieux que nul autre cette sensation d'engourdissement, d'indifférence que le contexte tragique a jeté sur ce match.


Un match, une chanson #9 - Killing Joke : Requiem (PSG - OM : 0-3)

Requiem à plus d'un titre. D'abord et pour le plus léger pour ce fiasco sportif aux airs d'enterrement : toutes les craintes de l'avant-match (et si Ben Arfa devenait bon, et si les Marseillais, largement supérieurs sur le papier, marchaient littéralement sur les Parisiens, et si...) se révèlent fondées et Paris sombre, piétiné par un OM euphorique. Une étincelle d'espoir subsiste encore à la mi-temps, car si le PSG est déjà mené (0-1), l'équipe se démène et semble facilement pouvoir revenir au score. Au retour des vestiaires, les joueurs, apathiques, se font massacrer devant un Parc dégoûté...

Requiem, ensuite, pour les événements survenus autour du Parc, qui devaient se solder par la mort d'un supporter de Boulogne quelques semaines plus tard. Je n'avais pas réellement pris conscience de la gravité croissante des événements autour du club, et notamment des tensions croissantes entre groupes de personnes que j'hésiterais à qualifier de supporters. Un peu avant le match, nous avons vu passer en trombe ambulance et véhicules de police, sans doute pour gérer les conflits entre Auteuil et Boulogne. A ce moment cela semblait anecdotique. Je ne saurais pas me prononcer sur les culpabilités respectives des deux camps ; je crains fort que la stupidité ne soit amplement partagée. J'avoue ne pas encore bien comprendre comment tout cela est possible, ni (surtout) quel rapport cela peut avoir avec le foot. Aucun, je suppose.

Une interrogation, directement tirée du morceau de Killing Joke : "When will it start bothering you ?". Jusqu'à quand peut-on supporter une équipe alors que les déchaînements de connerie atteignent des niveaux, au sens propre, mortels ?


17 mars 2010

Un match, une chanson #8 - Beirut : The Penalty (PSG - Toulouse : 1-0)

Une seule leçon à retenir d'un tel match : lorsque le PSG mène, le Parc s'assagit (de façon relative). Malgré un match pénible, ennuyeux au possible et uniquement débloqué par un pénalty litigieux obtenu par Luyindula et transformé par Hoarau, malgré des chants peu amènes à l'encontre des actionnaires ou de l'encadrement du club, malgré de multiples protestations face au niveau de jeu globalement minable de l'équipe, malgré tous ces vents contraires, le PSG s'offre une petite victoire et le Parc une soirée presque paisible.

Evidemment, c'est pour son titre que j'ai retenu The Penalty de Beirut. Après tout, ce match hautement dispensable se résume à ce seul fait de jeu alors autant oublier cette morne plaine de plus d'une heure et demie et fréquenter un peu les sommets avec Zack Condon, même si c'est pour quelques minutes de bonheur à peine... The Penalty (issu de "The Flying Club Cup", le second album de Beirut), dont les paroles n'ont rien à voir avec le sport, se déguste par exemple très bien dans sa version "Blogothèque" (cf ci-dessous).

Un match, une chanson #7 - Kaiser Chiefs : I Predict A Riot (PSG - Lorient : 0-3)

J'ai laissé cette série de billets en jachère depuis plusieurs semaines (lire : mois). Pour tout dire il n'est pas aisé d'écrire sur le football et la musique - c'est peut-être facile pour Nick Hornby mais pour moi c'est encore loin d'être naturel. Qui plus est les très mauvais résultats de Paris et l'ambiance de plus en plus pesante autour du club ne m'ont pas aidé à poursuivre une démarche avant tout ludique. Pourtant, j'aimerais malgré tout revenir sur les 4 derniers matches du PSG au Parc des Princes. Je ne connais pas encore bien la tribune, l'historique des relations entre les différents groupes de supporters, mais rétrospectivement, tout était déjà bien lisible, comme en témoignent les seules phrases que j'avais notées à la hâte le 7 février, au lendemain de la déroute face à Lorient.

"L'électricité est palpable dans la tribune. Les visages, fermés, ne sont plus tournés vers le match mais bien vers la tribune elle-même, à l'affut de l'endroit d'où partira la prochaine volée de huées, la prochaine bordée d'injures, la plupart des gens se désintéressent du spectacle du terrain pour surveiller, de coups d'oeil fugaces mais révélateurs, les mouvements avoisinants. Des ballons de baudruche éclatent, les cloisons métalliques qui font office de séparation entre les tribunes résonnent sous les coups de latte."

J'avais retenu, pour son simple titre, I Predict A Riot des Kaiser Chiefs, une chanson que je n'apprécie pas réellement par ailleurs (après avoir un instant hésité avec Armand Est Mort, un vieux titre de MC Solaar qu'on aurait pu, avec un humour assez noir, dédier au défenseur parisien, nul et conspué face à Lorient). Les événements autour du match face à l'OM me donneraient raison quelques semaines plus tard.


31 janvier 2010

Un match, une chanson #6 - The Ramones : Why Is It Always This Way ? (PSG - Monaco : 0-1)

Un match correct du PSG qui se termine pourtant en défaite ridicule avec un but contre son camp du goal remplaçant Edel et des regrets énormes pour l'équipe dont les tirs ont heurté trois fois les poteaux adverses. Le but ? Une erreur ridicule qui ne manquera pas d'ailleurs d'être reprise et raillée avec délectation par les journalistes dès le lendemain. Le Parc dégaine des banderoles de plus en plus assassines à l'encontre de Colony Capital, les chants invitant poliment l'actionnaire à investir ou à passer la main se multiplient... La frustration se fait palpable - il faut bien reconnaître que se déplacer en plein milieu de semaine en hiver pour voir son équipe se faire ridiculiser par les hommes de Guy Lacombe n'a rien de très satisfaisant. Je retiens aussi cette sentence assénée par un supporter près de moi en tribune après un tir sur la transversalle : "ils ne marqueront pas aujourd'hui" - une évidence dictée par le fatalisme du supporter dépité. Comme une habitude, déjà, une certitude. De Grenoble à Auxerre la saison dernière en passant par Nice ou maintenant Monaco, on a vraiment le sentiment qu'effectivement, c'est toujours comme ça... Et pourquoi ? C'est la question que je fais mienne en choisissant Why Is It Always This Way ? des Ramones pour accompagner ce billet. Rappelons qu'au départ le morceau tiré de "Rocket To Russia" n'a que peu avoir avec des frustrations sportives puisqu'il évoque les derniers souvenirs d'une fille suicidaire avant son dernier geste...

Un dernier mot pour mentionner la tension croissante qui semble régner dans la tribune et plus encore, entre les tribunes Boulogne et Auteuil. Je ne connais pas assez bien l'histoire du club et le monde des supporters pour pouvoir porter un jugement ; je ne sais pas non plus si tout cela est uniquement lié aux résultats sportifs ou si d'autres considérations entrent en ligne de compte. En tout cas j'ai le sentiment diffus que l'on est peut être partis pour des mois assez troubles pour le club et les supporters... Une raison de plus pour choisir une bonne vieille chanson punk pour illustrer ce match.

18 décembre 2009

Un match, une chanson #5 - Dominique A : Le Courage Des Oiseaux (PSG - Lens : 1-1)

C'est quand vient l'hiver que l'on se sent vraiment supporter... Ca peut paraître risible mais devoir, en pleine semaine, enfiler trois épaisseurs de pulls, deux paires de chaussettes, sortir gants et bonnet pour aller voir son équipe jouer face à un promu un match sans réel enjeu qui lui permettra au mieux de s'incruster aux places de milieu de tableau, cela nécessite du courage, du moins de la motivation. Dès le début, cette soirée a oscillé entre excitation et abnégation. Et l'on n'imagine jamais très bien qu'une histoire puisse finir si mal (égalisation de Lens) quand elle a commencé si bien (ouverture du score bien chanceuse par Makélélé). Parfois, Dieu sait ce qui passe dans la tête de Sakho, défenseur aux sautes de concentration toujours aussi dévastatrices. Peut-être finirons-nous par nous lasser...

Si j'ai choisi pour illustrer ce triste match le célèbre Courage des Oiseaux de Dominique A, c'est également pour le dédicacer un brin ironiquement aux supporters, qui eux aussi chantent dans le vent glacé. Au final, ce que l'on retient d'une soirée comme celle-ci, c'est bien plus l'ambiance toujours spectaculaire du Parc, même à l'orée de l'hiver. La tribune oscille en fait entre le courage des oiseaux et celui des oiseux - le courage de beugler des noms d'oiseaux ? Drôles de volatiles en vérité que ces supporters beuglant "Ho Hisse, enculé" à chaque dégagement de Runje (un ex-Marseillais...). Mais ce que je crois commencer à comprendre, c'est que le rôle de la tribune n'est pas d'être juste, d'être fair-play, d'être mesurée, ni même tolérante. Son rôle c'est d'être là, aussi bruyamment que possible.


14 décembre 2009

Un match, une chanson #4 - El Columpio Asesino : La Caja De Musica (PSG - St-Etienne : 3-0)

Retour sur un chef-d'oeuvre injustement méconnu : "De Mi Sangre A Tus Cuchillas", sorti en 2006, demeure pour moi un des très hauts lieux de la décennie, et malgré un nom à la gomme, El Columpio Asesino doit être considéré comme un groupe majeur (vous pouvez au passage lire la chronique de l'album sur Indiepoprock.net)... Au lendemain de la très belle victoire de Paris face à St-Etienne, je vous propose de découvrir la chanson qui clôt l'album. La Caja De Musica traduit parfaitement la dynamique du match : ça démarre sur les chapeaux de roue avec une équipe martiale, dominatrice, carrée, impeccable. 3-0 à la mi-temps et un Parc des Princes aux anges : Paris se contente alors de gérer au cours d'une seconde mi-temps plutôt soporifique sur le plan du jeu, mais bercée d'un doux sentiment d'allégresse à mesure que se dessine la victoire. Exactement le sentiment ambivalent que parvient à procurer la fin de la chanson, rythmée par les notes d'un xylophone discret et les éclats d'une trompette un rien flapie.

Après une série de matches bien pénibles, le PSG semble sur la voie de la rédemption et enchaîne de bonne performances ; à confirmer dès mercredi soir face à Lens...

2 décembre 2009

Un match, une chanson #3 - Fujiya & Miyagi : Ankle Injuries (PSG - Auxerre : 1-0)

Au-delà du soulagement d'une victoire vraiment attendue au terme d'un match franchement médiocre, je retiens de cette victoire du PSG la blessure de Grégory Coupet, gardien de l'équipe. Sa fracture de la cheville faisait mal vue des tribunes, elle fait encore plus mal en gros plan et en ralenti à la télévision. Coupet s'est blessé tout seul, en tentant de sauver un corner sur une passe pourrie d'un de ses défenseurs. J'espère le revoir garder les buts du Parc. La chanson que j'ai retenue ne représente pas vraiment le déroulement du match, simplement une association directe du titre avec ce fait de jeu particulier. Ankle Injuries (Blessures à la cheville), de Fujiya & Miyagi n'en est pas moins un excellent morceau, symbolique de la classe toute en sobriété du groupe. Cette sélection me permet aussi de découvrir que les vidéos de Fujiya & Miyagi sont régulièrement sublimes ; je ne résiste pas au plaisir de vous faire profiter de celle d'Ankle Injuries. Enjoy, and so long, Greg.

20 novembre 2009

Un match, une chanson #2 - France - Irlande : 1-1

La France ira en Afrique du Sud disputer la Coupe du Monde et pas l'Irlande. Etrangement, l'humeur générale est aux excuses et à l'autoflagellation : depuis hier résonnent dans tous les médias les cris d'orfraie de journalistes, analystes, spécialistes battant leur coulpe d'appartenir à la nation française dont l'aura sera entachée pour l'éternité par le quart de seconde de malhonnêteté plus ou moins volontaire de Thierry Henry. Les mêmes jurent leurs grand dieux qu'à sa place ils se seraient dénoncés, auraient avoué leur faute refusé le but providentiel, forçant l'admiration des supporters. Espérons que la présence de la France en phase finale les aidera à consoler leur conscience tourmentée, leur grandeur d'âme bafouée en leur permettant d'occuper l'antenne à longueur de journée et de mettre quelques noisettes de beurre dans leurs épinards...

J'ai cherché un bon moment des idées pour illustrer cet étrange moment de sport. J'ai commencé par envisager plusieurs chansons en fonction de leur titre, de Hand In Glove des Smiths - idéal si Govou avait fauté à la place de Henry - à Hand In Hand d'Elvis Costello, en passant par Red Right Hand de Nick Cave - mais c'est la main gauche qui a fauté... Je me suis penché sur quelques fameux cas irlandais : Gloria (version U2 ou Them) ? N'exagérons rien tout de même... Dirty Old Town des Pogues ? Trop téléphoné. Frank and Walters ? Divine Comedy ? Undertones ? Difficile à raccrocher au sujet... Finalement, plus qu'une chanson, c'est un titre d'album que j'ai choisi : "Everybody Else Is Doing It So Why Can't We ?" - le premier album des Cranberries. On a tendance à l'oublier, les Cranberries, avant de sombrer dans le ridicule le plus total, ont été un excellent groupe pop, mineur, certes, mais excellent néanmoins. Ce premier album inégal mérite en tout cas qu'on se repenche sur son cas : Dolores y chante avec un minimum de retenue qui fera gravement défaut par la suite, et les compositions sont en majorité sobres et élégantes (retenons le hit Linger et le sublime Put Me Down). Qui plus est, avoir subi les outrages sonores ultérieurs du même groupe permet de calmer quelque peu les élans de mansuétude ; après tout, on s'est cognés Zombie, à leur tour de subir Henry !




Au jeu des titres d'albums, "Liberation" de Divine Comedy aurait pu faire l'affaire, à la réflexion. La question des Cranberries me paraît plus d'actualité parce qu'après tout, au football, tout le monde force le passage, essaie de donner un coup de pouce au destin. Tout le monde le fait lors pourquoi pas nous ? Pourquoi faudrait-il en sus en avoir honte ? C'est aussi parce qu'il est joué par des hommes capables de petitesses, de mesquineries, de veuleries que ce sport passionne. La France s'est qualifiée à l'aide d'un coup de bluff, peut-être même un coup de pute. C'est sale, c'est moche, c'est petit, c'est couard et je n'en ai RIEN à foutre. L'équipe de France s'est qualifiée grâce à Thierry Henry, personnellement c'est tout ce que je retiendrai : et si le rôle du capitaine de l'équipe de France, c'était aussi de savoir faire basculer un match quelle que soit l'arme employée, quitte pour cela à se retrouver au coeur d'une tourmente médiatique qui fleure bon la tartuferie ?

8 novembre 2009

Un match, une chanson #1 - Get Well Soon : Prelude (PSG - Nice : 0-1)

"Rest now, weary head, you will get well soon" : c'est ce qu'on aurait envie de susurrer ce soir à Ludovic Giuly. Une petite comptine douce-amère qui commence en gueule de bois et se termine en apothéose, les poils au garde à vous sur les avant-bras. Paris a perdu au Parc contre Nice, mais c'est en quelque sorte la faute à pas de chance ("pas de chance", c'est le nom de la transversale du but côté Boulogne ?). J'aurais aimé que le match soit à l'image de la chanson, et qu'après cette première mi-temps soporifique, l'énorme pression parisienne, accompagnée des clameurs de plus en plus enthousiastes du Parc, soit couronnée de buts, d'un but, enfin de quelque chose qui ressemble à un début de victoire, à autre chose qu'à deux tirs repoussés par la barre. Après le but, le délitement, les dernières minutes à regarder un match qui n'en était plus un, une équipe désabusée et désordonnée contre une équipe qui n'en demandait pas tant pour jouer la montre. Il n'y avait plus de raison d'y croire, après tout, la guigne, ce n'est pas une vue de l'esprit. Mais Paris a bien joué, montré de belles choses, alors, malgré ce vilain coup dans les gencives : "Rest now, weary head, you will get well soon"...

(Cette vidéo ne rend que partiellement justice à la splendeur de cette merveilleuse chanson, mais c'est ce que j'ai trouvé de mieux pour illustrer ce billet)...

4 octobre 2009

PSG - Nancy : 1-1

Un stade totalement silencieux, où soudain l'on entend les spectateurs tousser, se racler la gorge, où l'on entend le bruit des pieds des joueurs sur le ballon, où les actions ne déclenchent que quelques timides bruissements, vite réduits à néant : les cinq premières minutes de la seconde mi-temps, dédiées à la mémoire de Brice Taton, supporter toulousain décédé cette semaine après avoir été agressé en Serbie, auront finalement été les plus étranges et les plus intenses de ce match. Pour le reste, et s'il faut parler de sport, le résumé de la soirée tient en une seule question : comment peut-on expliquer que la même équipe puisse se montrer conquérante, joueuse, opiniâtre face à Lyon, et apathique, atone, sans volonté face à Nancy ? J'imagine que c'est là un simple pas de plus dans ma compréhension des paradoxes frustrants du Paris-Saint-Germain. Il n'empêche que voir une équipe tétanisée par un milieu déficient qui ralentit totalement le jeu, à l'image d'un Makélélé hors-sujet, une équipe qui ne se décide à entrer dans le vif du sujet que l'espace de quelques minutes (après l'ouverture du score nancéenne et jusqu'à l'égalisation, puis lors des dix dernières minutes du match) a quelque chose de décourageant. Les matchs nuls peuvent se suivre sans se ressembler : celui contre Lyon était porteur de beaucoup d'espoir, malgré un résultat mitigé, le match d'hier résume la situation d'une équipe sans ressort et qui n'encaisse que trois points en quatre matches. L'automne sera long...

23 septembre 2009

PSG - Lyon : 1-1

Espoir, doute, exaltation, frustration : en quelques heures, la rencontre entre le PSG et l'Olympique Lyonnais aura permis de vivre toutes les sensations qui font du football un spectacle d'une intensité incroyable. Avant le match, on espère le meilleur, tout en reconnaissant avec humilité que Lyon fait peur, que l'on craint le pire. Le pire aurait été que l'OL prenne les rênes de la rencontre, le contrôle du jeu pour un affrontement à l'issue certaine. Mais bon sang que cette équipe parisienne fut belle à voir. Si le début du match a été lyonnais, la révolte du PSG a été éclatante : engagement total, esprit combatif, l'équipe a développé un jeu vraiment enthousiasmant, beau à regarder - et tous les joueurs ont été bons. Tant et si bien que l'absence de ce couillon de Sessegnon, considéré comme l'unique dépositaire de l'animation parisienne, passe inaperçue. On regrette plus celle d'Erding, qui aurait certainement eu la possibilité de tuer le match alors qu'Hoarau, pas encore au niveau de l'année dernière, vendange plusieurs occasions. Le PSG aura ainsi mené pendant plusieurs dizaines de minutes, devant un Parc à l'ambiance surchauffée. Alors effectivement, le but de l'égalisation lyonnaise fait mal : même s'il a été concrétisé lors d'une grosse phase de domination pour les joueurs de l'OL, Gomis était purement et simplement hors-jeu. Au final, est-ce qu'il vaut mieux voir un superbe match malgré un résultat frustrant ? Ou bien se satisfaire d'une victoire étriquée, obtenue au cours d'un match pourri ? Je n'ai pas la réponse. Tout ce que je sais, c'est que le Parc a vu un superbe match. Paris aurait dû gagner, bordel !

30 août 2009

PSG - Lille : 3-0

J'entame avec ce match ma seconde saison d'abonnement au Parc des Princes (symptômatique : j'hésite encore à écrire supporter, même si en définitive ma préférence ne fait aucun doute...). Je retrouve ainsi la tribune après plus de 3 mois de coupure, et je goûte de nouveau à l'ambiance électrique du Parc : on l'oublie facilement après quelques semaines de désintoxication, mais le stade est aussi une petite addiction. L'après-midi se prête parfaitement aux retrouvailles : temps au beau fixe, température agréable. Si l'on ajoute à cela qu'à la 4ème journée de championnat, les enjeux sont assez limités et ne risquent pas de créer de tension trop exacerbée, que de plus le PSG pointe parmi les premières places de la Ligue 1 après un début de saison très réussi, tous les ingrédients sont réunis pour un beau spectacle.

En l'occurrence, au-delà du match lui-même, très réussi et bien maîtrisé par Paris, c'est l'adrénaline de retrouver l'ambiance du stade qui domine, le plaisir réellement physique de se sentir enveloppé par la foule, véritable masse humaine, toute en ferveur, en exubérance, en mauvaise foi. L'adrénaline, toujours, à haute dose lors d'une belle action, ou surtout, lors de l'explosion délirante de joie qui suit un but. J'avais oublié la force, la puissance absolue, primale / primaire de ces instants, j'ai été servi avec les 3 buts de ce soir.

Une nouvelle saison démarre, j'ai pris place à bord, pour l'instant la croisière s'amuse, et j'espère simplement que l'on saura éviter les galères de la fin de saison dernière. Erding et Jallet semblent bien prometteurs, Sessegnon toujours entre spectacle étincelant et jeu collectif déficient, Luyindula en forme, Coupet encore largement dans le coup : les raisons d'espérer sont bien là !

26 juillet 2007

Le dos de Dennis Bergkamp



J'adore le foot quand il atteint ce niveau d'élégance surréaliste...